Type de violence

Nombre de cas

Pourcentage

Violence sexuelle

153

38  %

Violence économique

147

36 , 4  %

Violence psychologique/morale

58

14 , 4  %

Violence physique

45

11 , 2 %

Total

403

100 %

Types de violence fondée sur le genre et nombre de cas enregistrés par les structures d’aide en 2017, après vérification :

Type de violence

Nombre de cas

Pourcentage

Violence sexuelle

191

41 , 4  %

Violence économique

161

35  %

Violence psychologique/morale

61

13 , 2  %

Violence physique

48

10 , 4  %

Total

461

100 %

Types de violence fondée sur le genre et nombre de cas enregistrés par les structures d’aide en 2018, après vérification :

Type de violence

Nombre de cas

Pourcentage

Violence sexuelle

302

65  %

Violence économique

89

19  %

Violence psychologique/morale

33

7  %

Violence physique

42

9  %

Total

466

100 %

Types de violence fondée sur le genre et nombre de cas enregistrés par les structures d’aide en 2019, après vérification :

Type de violence

Nombre de cas

Pourcentage

Violence sexuelle

217

50 , 8  %

Violence économique

113

26 , 5  %

Violence psychologique/morale

42

9 , 9  %

Violence physique

51

11 , 9  %

Pratiques traditionnelles préjudiciables

4

0 , 9  %

Total

427

100 %

Pour la période de 2016 à 2019, cela fait donc 1 757 cas de violence fondée sur le genre, dont 863 cas (49 %) de violence sexuelle (viols et autres). Types de violence sexuelle et fondée sur le genre et nombre de cas enregistrés entre janvier et avril 2020 :

Établissement médical/centre polyvalent

Nombre de cas

Violence sexuelle

Violence physique

Nombre d ’ enfants victimes

Nombre de victimes adultes

Centre polyvalent de l ’ hôpital de Bansang

3

1

2

1

2

Hôpital du district de Brikama

8

8

0

6

2

Centre polyvalent de l ’ hôpital général de Kanifing

51

39

12

34

17

Centre polyvalent de l ’ EFSTH

10

8

2

6

4

Total

72

56

16

47

25

Note  : les 47 enfants sont des victimes de violence sexuelle ; sur les 16 victimes de violence physique, 15 sont des femmes enceintes.

En diminuant les progrès réalisés en direction de l’égalité des genres et de la protection des femmes, les conséquences de la pandémie de COVID-19 pour les femmes et les filles a de fortes chances de provoquer une sorte de pandémie parallèle dans le domaine des droits humains. Parmi les multiples conséquences, on peut citer la baisse du pouvoir d’achat de la population, en particulier des femmes qui sont obligées de rester chez elles à cause de la situation sanitaire. La pandémie a notamment pour effet de saper les efforts déployés pour faire disparaître la violence fondée sur le genre : selon les estimations, les progrès dans ce domaine auront décéléré d’un tiers d’ici à 2030.

Une brève étude sur la violence fondée sur le genre, menée par le FNUAP avec le soutien du Ministère de l’égalité des genres, de l’enfance et de la protection sociale, du Ministère de la santé, du Réseau contre la violence faite aux femmes et d’autres agences, constate clairement un taux élevé de violence domestique durant le confinement. Les risques de violence fondée sur le genre ont aussi augmenté en raison des pertes économiques subies par les femmes travaillant dans les secteurs informels et le petit commerce et par celles payées à la journée. Le rapport note également le faible niveau de protection des victimes et la réduction de la prévention de la violence pendant le confinement. Ainsi, bien que le sous-comité à la santé mentale et au soutien psychosocial, créé dans le cadre du dispositif national d’intervention médicale d’urgence face à la COVID-19, ait pour mandat d’atténuer, de combattre et de prévenir la violence fondée sur le genre, il semble que ces tâches lui échappent alors même que les directives du Comité permanent interorganisations sur la violence basée sur le genre montrent l’importance des efforts multisectoriels et d’un haut niveau de coordination dans la lutte contre ce type de violence. En Gambie, il est requis de tous les organismes, publics ou non, impliqués dans la lutte contre la violence fondée sur le genre, qu’ils déploient des efforts multisectoriels afin d’éliminer ce type de violence d’ici à 2030, ce qui est un engagement pris par le Gouvernement à la Conférence internationale sur la population et le développement qui s’est tenue à Nairobi, au Kenya, en 2019. En outre, la Gambie s’est engagée aux niveaux international, régional et national à protéger les femmes et les enfants, ainsi que le déclarent la Constitution, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la Convention contre la torture et le Protocole de Maputo. La Gambie ayant le devoir d’assurer la protection, la promotion et la réalisation des droits humains, toutes les mesures de lutte contre la violence fondée sur le genre doivent être basées sur les droits humains et garantir l’inclusion et la participation de tous et de toutes, afin que personne ne soit laissé de côté.

Traite et exploitation de la prostitution

L’agence nationale contre la traite des personnes a été créée en 2007 sur décision du Parlement afin de prévenir, de réprimer et de punir les personnes qui se livrent à cette activité et afin de réhabiliter et de réinsérer leurs victimes. Les affaires sur laquelle elle a enquêté sont réparties comme suit :

Traite des personnes en 2021

Traite aux fins de l ’ exploitation de la prostitution

Traite aux fins du travail forcé

Traite aux fins du prélèvement d ’ organes

Traite aux fins du mariage forcé

Autres fins

Traite aux fins non déterminées

Nombre de victimes

Nombre de responsables

6

42

Néant

Néant

Néant

Néant

48

25

L’exploitation de la prostitution a fait 6 victimes, et le travail forcé, 42. Un total de 36 filles ont bénéficié d’un dispositif de réinsertion. Parmi les victimes, 3 étaient originaires du Nigéria, 30 de Gambie et 3 de Sierra-Leone. Elles avaient entre 17 et 28 ans. Sur l’ensemble des affaires faisant l’objet d’une enquête, 6 ont donné lieu à des procès, dont 4 ont abouti à un acquittement et à une disculpation, et 2 sont toujours en cours en 2022.

Un groupe national d’étude composé de membres d’organisations de la société civile, d’ONG et d’organisations intergouvernementales se réunit chaque trimestre pour aborder les questions concrètes relatives à la traite. Le Gouvernement des États-Unis le finance via le programme JTIP, afin de soutenir l’action du Gouvernement gambien en la matière. Certaines dispositions législatives visent aussi ce phénomène, à savoir la loi de 2003 sur les infractions touristiques et la loi de 2005 sur les enfants.

Traite des personnes en 2022

Traite aux fins de l ’ exploitation de la prostitution

Traite aux fins du travail forcé

Traite aux fins du prélèvement d ’ organes

Traite aux fins du mariage forcé

Autres fins

Traite aux fins non déterminées

Nombre de victimes

Nombre de responsables

10

3

Néant

Néant

Néant

Néant

13

6

En 2022, l’agence nationale contre la traite des personnes a identifié 13 victimes et 6 responsables. L’exploitation de la prostitution a fait 10 victimes, et le travail forcé, 3.

En 2022, 17 filles ont bénéficié d’une réinsertion. Parmi elles, 4 étaient victimes dans des affaires de 2022, et 13 dans des affaires remontant à 2021.

Le groupe national d’étude est financé par l’ambassade des États-Unis via le programme JTIP.

Les victimes de l’exploitation de la prostitution venaient de Sierra-Leone (2) et du Nigéria (8). Quant aux victimes du travail forcé, 2 étaient gambiennes et une sierra-léonaise. Elles avaient entre 15 et 42 ans.

En 2022, deux personnes ont été accusées au titre de la section 35 (tentative) de la loi sur la traite des personnes et sont passibles des peines prévues à la section 28.

Participation à la vie politique et à la vie publique

La section 39 de la Constitution garantit le droit de vote et d’inscription sur les listes électorales pour les élections du président, des membres de l’Assemblée nationale, des dirigeants des collectivités territoriales et traditionnelles, et pour les référendums. Conformément à la Constitution, le vote est secret. La Constitution instaure la Commission électorale indépendante, qui réglemente l’inscription des électeurs et organise les scrutins. Le Gouvernement s’engage politiquement à garantir l’indépendance de la Commission, afin que celle-ci puisse organiser des élections transparentes, libres et sincères.

L’indépendance et l’autonomie financière de la Commission électorale indépendante devraient être ancrées dans la nouvelle Constitution qui sera promulguée au terme du processus de révision. En outre, afin de favoriser les scrutins sincères et la large participation de la population, la réforme de la loi électorale votée en 2017 réduit le montant excessif des dépôts monétaires exigés des candidats aux différentes fonctions. Cette décision a eu des conséquences louables : la Commission a enregistré un nombre record de candidatures aux élections législatives et locales ainsi qu’une hausse du niveau de la participation – une première dans l’histoire électorale du pays. Neuf partis politiques étaient en lice aux élections locales de 2018. Enfin, la section 26 de la Constitution de 1997 reconnaît le droit des femmes à participer à la vie politique et publique.

En outre, la section 214 4) déclare que les femmes doivent être équitablement représentées dans la composition du Gouvernement. La section 15 de la loi sur la condition des femmes dispose que des mesures temporaires spéciales doivent être adoptées par tout organe, entité, institution publique, administration ou entreprise privée tournée vers l’accélération de la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes. Cette disposition prend tout son sens à tous les niveaux des sphères politiques et décisionnelles où, bien que la participation des femmes ne soit pas légalement entravée, celles-ci ne sont pas placées sur un pied d’égalité avec les hommes en raison de biais culturels favorables à ces derniers et de stéréotypes pesant sur le rôle des premières.

Dans le domaine de la gouvernance, l’invisibilité des femmes est particulièrement prononcée à l’Assemblée nationale et dans l’administration locale. Il n’y a qu’une femme maire et une femme gouverneure sur les huit personnes récemment nommées ministres. En revanche, la parité des genres est appliquée dans les comités de développement des villages et circonscriptions, conformément à la loi sur les collectivités locales. Les femmes qui y siègent sont généralement des figures éminentes aspirant à représenter les femmes.

L’Assemblée nationale compte actuellement seulement 6,3 % de femmes. En ce qui concerne l’exécutif, trois femmes ministres siègent au Conseil, où sont prises les grandes décisions gouvernementales.

Nationalité

Si aucun document attestant l’identité du père n’est présenté, aucune information relative à celui-ci n’est portée au registre d’état civil, mais l’enfant peut tout de même être déclaré sous le nom de sa mère et recevoir un certificat de naissance.

Éducation

La section 30 de la Constitution de 1997 garantit le droit à l’éducation. Tous les citoyens et citoyennes gambiens ont droit à l’éducation gratuite et obligatoire de base. En outre, l’État a pour principe directeur de sa politique d’assurer l’accès de tous à l’éducation de base et de fournir les ressources nécessaires à sa gratuité. Outre la Constitution, la loi de 2005 sur l’enfance affirme le droit à l’éducation, et un projet de loi relatif à l’enseignement est en cours de rédaction. Il portera sur l’administration et le développement des services éducatifs. Le droit à l’éducation gratuite et obligatoire est aussi défendu par les mesures passées et par la politique actuelle (2016-2030). Les programmes universels de l’éducation de base montrent que l’objectif gouvernemental est bien plus l’augmentation du taux d’alphabétisme que la formation des élites. Divers dispositifs, subventions et projets ont été créés conformément aux mesures législatives et administratives visant à offrir une éducation de base gratuite et obligatoire, dans le cadre de la politique gouvernementale axée sur un enseignement de qualité, accessible, équitable et inclusif aux fins du développement durable.

L’introduction de la Subvention à l’amélioration des écoles peut être considérée comme un pas en direction de la mise en œuvre progressive du principe de scolarité gratuite prévu par la Constitution et par les politiques éducatives. Cette subvention couvre l’achat des fournitures, des livres et des uniformes scolaires pour les élèves du primaire et du secondaire. Elle est couplée au système des bourses pour filles, qui fournit également uniformes et fournitures, en particulier dans les zones rurales. Par ailleurs, une subvention reçue en 2018 dans le cadre du programme READ, un partenariat du Ministère de l’enseignement et de la Banque mondiale, a permis de distribuer gratuitement des manuels scolaires aux filles et aux garçons scolarisés. Enfin, un dispositif de transferts conditionnels en espèces a été mis en place pour garantir l’accès universel à l’éducation, en servant au développement d’un système éducatif distinct mais respectueux des programmes de base, pour les enfants et les jeunes inscrits dans les écoles islamiques non conventionnelles.

Ce dispositif a été introduit dans 17 centres à travers le pays, et est axé sur l’enseignement de la lecture, de l’écriture, du calcul, ainsi que sur la diffusion de compétences pratiques de la vie courante. En outre, les fonds sont complétés par des dispositifs variant selon les régions, comme des bourses spéciales pouvant couvrir les frais d’inscription, l’achat d’uniformes et de livres ou encore le recours à des tuteurs. Grâce à des donateurs, le Ministère de l’enseignement a pu construire de nouvelles classes à travers le pays, ce qui améliore l’accès de tous à un enseignement de qualité. Des ressources supplémentaires, dues à l’Initiative pour l’accélération de l’éducation pour tous et au Partenariat mondial pour l’éducation, ont aussi grandement contribué à la création de nouvelles classes et donné l’impulsion qui a accéléré l’accès à l’enseignement de base. Enfin, il convient de souligner le développement de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels dans les établissements secondaires généraux, que l’on doit à une collaboration des Ministères de l’éducation et du commerce.

Le tableau ci-dessous recense le nombre d’écoles par type et par année.

Nombre de centres de développement du jeune enfant

2015

2016

2017

2018

1 115

1 141

1 154

1 257

Type d ’ école

2015

2016

2017

2018

Primaire

705

718

758

811

Secondaire ( 1 er cycle)

138

150

163

188

Enseignement complet de base

223

240

236

250

Secondaire ( 2 d cycle)

145

160

171

189

Total

1 211

1 268

1 328

1 438

On note une augmentation significative des inscriptions dans les écoles de tous niveaux, de 104 % en 2016 et de 112,7 % en 2018. Ces chiffres incluent les inscriptions dans les madrassas (écoles religieuses coraniques), désormais officiellement reconnues. Au cours de la période considérée, le taux brut de scolarisation des filles est passé de 89,1 % en 2010 à 116,5 % en 2018, et celui des garçons, de 87,5 % en 2010 à 108,9 % en 2018.

Taux brut de scolarisation au primaire

Garçons

Filles

Total

2015

99 , 0  %

103 , 5  %

101 , 2  %

2016

101 , 4  %

106 , 7  %

104 , 0  %

2017

105 , 4  %

111 , 8  %

108 , 6  %

2018

108 , 9  %

116 , 5  %

112 , 7  %

Au 1er cycle du secondaire, le taux brut de scolarisation a augmenté, passant de 66 % en 2004 et 66,2 % en 2010 à 68,1 % en 2013, 68,1 % en 2014 et 68,3 % en 2015. On a toutefois observé une baisse d’1,5 % des inscriptions entre 2015 et 2016, puis une nouvelle hausse, de 67,4 % en 2017 à 68,1 % en 2018. Il est à noter que la période de 2010 à 2018 a été l’occasion d’une augmentation régulière du taux brut de scolarisation des filles au 1er cycle du secondaire, qui est passé de 65,6 % en 2010 à 71,3 % en 2018. En revanche, pour les garçons, cet indicateur a fluctué, passant de 66,9 % en 2010 à 65,5 % en 2011, puis remontant à 66,8 % entre 2012 et 2015 avant de lentement diminuer, de 65,9 % à 64,8 %.

Taux brut de scolarisation au secondaire (1 er cycle)

Garçons

Filles

Total

2015

68 , 3  %

68 , 2  %

68 , 3  %

2016

65 , 9  %

67 , 6  %

66 , 8  %

2017

65 , 0  %

69 , 7  %

67 , 4  %

2018

64 , 8  %

71 , 3  %

68 , 1  %

Taux d ’ achèvement du primaire

Garçons

Filles

Total

2015

72 , 8  %

74 , 4  %

73 , 6  %

2016

74 , 7  %

76 , 0  %

75 , 4  %

2017

77 , 4  %

80 , 0  %

78 , 7  %

2018

79 , 7  %

84 , 3  %

82 , 1  %

Le taux d’inscription au second cycle du secondaire est passé de 33,9 % en 2010 à 47,8 % en 2018, avec une hausse particulièrement marquée chez les filles, l’indicateur s’établissant à 30,6 % en 2010, 39,1 % en 2013, 41 % en 2014 et 49,8 % en 2018.

Taux brut de scolarisation au secondaire (2 d cycle)

Garçons

Filles

Total

2015

42,6 %

40,5 %

41,6 %

2016

44,1 %

43,9 %

44,0 %

2017

44,5 %

47,1 %

45,9 %

2018

45,7 %

49,8 %

47,8 %

Il convient de noter que le système éducatif s’est amélioré depuis le précédent rapport, et qu’une hausse progressive des inscriptions a été enregistrée dans le primaire et dans le secondaire entre 2010 et 2018.

Cette augmentation procède des efforts déployés par le gouvernement afin d’améliorer l’accès des filles à l’éducation et de leur ouvrir de nouvelles perspectives de vie. Les programmes gouvernementaux de sensibilisation du public visent à inciter les parents à faire de l’éducation une priorité pour les filles comme pour les garçons. De plus, le manuel de formation aux questions du genre et le dispositif d’action pour l’égalité des genres ont été revus en 2015 afin de traiter les problèmes actuels et d’améliorer l’enseignement et l’apprentissage dans les écoles.

La Gambie a ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées, l’a incorporée dans sa législation et a réalisé de grands progrès dans certains domaines. Il existe trois écoles spécialisées agréées pour personnes handicapées : l’école St-John pour les personnes sourdes, l’école spéciale méthodiste pour les enfants présentant des difficultés d’apprentissage, et le centre de ressources GOVI pour les personnes malvoyantes. Plusieurs agences gouvernementales sont chargées de la question des droits des personnes handicapées. Il s’agit entre autres du Ministère de l’enseignement primaire et secondaire, du Département de la protection sociale et du Ministère de la jeunesse et des sports.

Emploi

Depuis le changement de Gouvernement, plusieurs réformes ont été entreprises afin de développer l’économie du pays. Destinées à améliorer la gestion budgétaire, elles ont entraîné une baisse des emprunts nationaux, une diminution des taux d’intérêts et une hausse de la disponibilité des ressources pour le secteur privé.

D’autres initiatives récentes visent aussi à développer l’emploi et, de manière générale, à hausser le niveau de vie de la population. Il s’agit notamment du Youth Empowerment Project (YEP), du Make it in the Gambia Project (aussi connu sous le nom de « Tekki fi »), du Children on the Move Project et de la She Trades Initiative. Ces programmes axés sur le développement économique soutiennent les emplois attractifs et les sources de revenus notamment pour les femmes, les enfants et les jeunes. Ils jouent aussi un rôle dans le contrôle de l’immigration clandestine.

En 2017, le Gouvernement a lancé le Gambia Youth Empowerment Project grâce au soutien financier de l’Union européenne. Ce projet s’attaque aux causes économiques profondes de la migration clandestine en soutenant l’emploi des jeunes et l’entrepreneuriat. Il vise à améliorer les compétences et l’employabilité des migrants potentiels ou de retour au pays, en fonction des besoins du marché, tout en créant des opportunités d’emploi sur toutes les chaîne de valeur du pays.

Santé

Une intervention stratégique est menée pour renforcer la qualité du système de santé et améliorer la sensibilisation des femmes et des hommes à la contraception, à la santé sexuelle et reproductive et aux droits connexes. Afin de réduire le nombre de grossesses non souhaitées et d’avortements non sécurisés, il importe de faire savoir aux filles et aux garçons que les contraceptifs modernes existent, qu’ils sont accessibles et bon marché. En matière de santé reproductive et de santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent, le Ministère de la santé continue son travail d’information, d’éducation et de communication sur les bénéfices de la contraception et sur l’approvisionnement en produits de santé procréative. Il a mis en place une politique et un plan stratégique spécifiques à ces questions, axés sur la prévention des grossesses chez les adolescentes.

Cette politique ministérielle, associée à l’initiative Kabilo Baama et à la stratégie d’action pour les hommes, sensibilise la population des communautés aux problèmes de santé reproductive et sexuelle, afin qu’elle s’adresse le plus tôt possible aux établissements de soins le cas échéant.

Dans tout le pays, le Ministère de la santé a formé des médecins, des infirmiers et infirmières et des sages-femmes aux services de santé sexuelle et reproductive. Il a inclus des produits de santé reproductive dans la liste nationale des produits médicaux essentiels, et a défini une stratégie globale afin de garantir leur approvisionnement en quantité suffisante. Son action en matière de santé reproductive et de santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent inclut un volet logistique qui sécurise les approvisionnements. Le Ministère fournit contraceptifs et autres équipements de santé reproductive, et promeut leur usage grâce à divers dispositifs tels que des campagnes de distribution auprès des communautés. Il veille à ce que les recommandations mises à jour soient disponibles et appliquées dans tous les points de délivrance de services médicaux.

L’action ministérielle en matière de santé reproductive et de santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent a transformé tous les petits établissements médicaux afin qu’ils assurent les soins basiques d’urgence en néonatalogie et en obstétrique. Tous les grands centres de santé ont également évolué afin de proposer des soins d’urgence complets en néonatalogie et en obstétrique. Une collaboration avec les secteurs concernés sécurise l’approvisionnement continu de tous les établissements de santé en eau et en électricité, 24 heures sur 24. Grâce au Ministère et au programme Riders for Health, tous les hôpitaux disposent de spécialistes qualifiés. Le Ministère a aussi conçu une gamme de programmes de communication pour le changement social et comportemental, variables selon l’âge du public et le contexte, qui doivent développer l’accès à l’information, atteindre chaque adolescent (à l’intérieur et à l’extérieur des écoles), augmenter le niveau de connaissances des jeunes en matière de biologie reproductive et les sensibiliser à la santé reproductive et sexuelle, à l’usage des services et aux comportements responsables.

Les jeunes de 10 à 14 ans reçoivent une information sur la santé sexuelle et reproductive, et ceux de 15 à 19 ans une information sur la santé sexuelle et reproductive et sur les services connexes, ce qui correspond aux besoins de ces différents publics. Le Ministère recourt de manière croissante aux organes d’information, aux médias sociaux, au divertissement éducatif et aux activités récréatives afin de diffuser l’information sur la santé sexuelle et reproductive et de limiter les comportements sexuels à risque chez les adolescents. Afin que tous les adolescents aient accès à une gamme complète de services de santé sexuelle et reproductive, il remodèle les structures existantes pour les rendre plus attractives et mieux adaptées au public visé. Le Ministère a amélioré l’accès des adolescents à l’information relative aux risques de blessures et de violence (violence sexuelle ou viol, violence physique) et aux moyens de les réduire.

On constate une amélioration de la prise en charge, y compris psychologique, des victimes de blessures et de violence. L’action ministérielle en matière de santé reproductive de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent sensibilise les femmes en âge de procréation, en particulier les adolescentes et les jeunes, sur les conséquences de l’avortement, sur les moyens de l’éviter, et sur les services dont elles peuvent bénéficier, dans le respect de la législation nationale. Le Ministère de la santé garantit également que toute femme demandant à être soignée après un avortement non sécurisé et incomplet recevra des soins adaptés à sa situation, conformément à la loi. Il a doté en équipements et en personnel compétent des installations destinées aux soins liés à l’avortement, dans le respect des normes de qualité et de la législation nationale. Il a défini des directives concernant la prévention des complications de l’avortement. Elles relèvent en particulier de la planification familiale, de la prévention des grossesses non souhaitées et du traitement des complications. Le Ministère insiste sur la prise de conscience de l’importance du recours aux contraceptifs dans la prévention des grossesses non souhaitées et des éventuels avortements non sécurisés qu’elles peuvent entraîner.

Il est nécessaire de fournir aux femmes des conseils et des services de planification familiale pour les aider à éviter les grossesses non désirées, à espacer les grossesses, et ainsi à ne pas devoir recourir à l’avortement. Le Ministère de la santé encadre des partenariats entre communautés et prestataires ou des partenariats public-privé dans les domaines de la planification familiale, de la prévention des grossesses non souhaitées et de la prévention de l’avortement non sécurisé. Il définit et instaure des dispositifs informationnels adaptés au contexte, qui sensibilisent la population – en particulier les femmes enceintes – sur les soins pendant la grossesse, la préparation à l’accouchement, les complications possibles, l’existence de professionnels de l’obstétrique qualifiés, les soins postnataux. L’information est diffusée via les établissements de soins, les communautés, les médias et sur supports imprimés. Le Ministère a aussi mis au point des directives et procédures standardisées pour les soins prénataux, adaptées à chaque type d’établissement ou poste médical. Enfin, il a doté ces établissements conformément aux normes, en leur fournissant équipements d’analyse, réactifs et matériel, afin qu’ils assurent un niveau minimum de soins prénataux.

Les soins prénataux sont renforcés, ils sont administrés dès que possible au cours du premier trimestre et sont répétés au moins huit fois au cours de la grossesse. Ils incluent un apport en fer et en folate, une injection d’anatoxine tétanique, le contrôle du taux d’hémoglobine, de la pression sanguine, du régime alimentaire et de la croissance du fœtus, des tests et un traitement anti-VIH pour éviter toute transmission de la mère à l’enfant, ainsi qu’une prise en charge, un suivi spécialisé et des soins, jusqu’à 18 mois, pour les nouveau-nés exposés à la syphilis, au VIH ou à l’hépatite B. Le Ministère propose des programmes de formation des mères à l’auto-prise en charge, à l’accouchement et aux situations d’urgence, au cours desquels il insiste sur des problèmes tels que le diabète gestationnel, les hémorragies obstétricales, l’éclampsie ou les infections maternelles. Les établissements de soins prénataux sont correctement approvisionnés en fer, en acide folique et en sulfate de magnésium (MgSO4) afin qu’ils puissent efficacement soigner l’anémie, la pré-éclampsie et l’éclampsie. L’action ministérielle vise aussi à former les prestataires de services afin qu’ils assurent des soins prénataux de qualité. Il améliore la transmission d’information entre le niveau communautaire et celui des établissements spécialisés, pour une meilleure prise en charge des complications grâce à la présence d’ambulances sur le terrain. Enfin, il inclut dans la prise en charge l’information et le conseil nutritionnels, ainsi que le contrôle de la masse corporelle, le dépistage et le traitement de la malnutrition, en particulier de l’anémie ferriprive.

Autonomisation économique des femmes

La politique de relèvement post-COVID-19 a commencé à se déployer en faveur des femmes qui travaillent dans les entreprises de transformation du poisson dans les zones côtières de Gunjur, Tanji et Brufut. Il s’agit d’améliorer leurs conditions de travail dans ce secteur grâce aux avantages apportés par la construction de nouveaux fumoirs, de séchoirs solaires, de cabanes pour les pauses, de toilettes et de lieux d’entreposage. Le creusage de puits a résolu le problème essentiel de l’accès à l’eau sur les trois sites mentionnés, mais les travaux sont en cours pour les autres améliorations.

En octobre 2019, le Ministère de l’égalité des genres, de l’enfance et de la protection sociale a créé le fonds pour l’entrepreneuriat féminin, un des grands projets du plan national de développement, entièrement financé par le Gouvernement. Il vise à renforcer les capacités de 10 000 femmes et filles travaillant dans des microentreprises ou des petites et moyennes entreprises.

Les femmes représentent 52 % de la population gambienne. Majoritairement engagées dans l’entrepreneuriat dans de petites et très petites structures, elles se heurtent à des difficultés de financement et d’acquisition des compétences entrepreneuriales. Dans ce contexte, l’instauration du fonds pour l’entrepreneuriat féminin doit servir à résoudre ces problèmes à très court terme et, à plus long terme, à créer une banque pour les femmes. Le fonds créera des perspectives d’emploi pour les femmes, réduira la pauvreté et améliorera la prospérité économique. La loi sur le fonds pour l’entrepreneuriat féminin, qui en encadre juridiquement les activités, a été adoptée le 24 septembre 2020 et ratifiée par le Président le 21 octobre 2020. Depuis le mois de décembre, le fonds a formé 10 060 femmes et engagé 17 millions de dalasi en faveur de 435 groupes de femmes à travers le pays.

Par ailleurs, le Fonds d’équipement des Nations Unies (FENU) fournit un soutien technique et financier au Ministère de l’égalité des genres, de l’enfance et de la protection sociale afin qu’il puisse mettre en œuvre ses mesures financières d’autonomisation des femmes. Cela a permis de former 100 formateurs dans le domaine financier puis de les affecter dans 52 circonscriptions – chacune d’entre elles permettant d’atteindre 10 000 femmes.

La Gambie est signataire de la résolution 11(II) du 21 juin 1946 du Conseil économique et social, qui institue la Commission de la condition de la femme. Une délégation composée de représentants du Ministère de l’égalité des genres, de l’enfance et de la protection sociale et d’autres entités gouvernementales, ainsi que d’organisations de la société civile et de partenaires de développement, représentait le Gouvernement gambien à New York, en 2019 et 2022, lors de discussions portant sur les avancées et les lacunes de la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing (1995), texte politique de portée mondiale essentiel pour l’égalité des genres, sur la vingt-troisième session extraordinaire de l’Assemblée générale (Beijing + 5) et sur les nouveaux problèmes affectant l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes. Les États membres s’étaient entendus sur de nouvelles mesures visant à accélérer les progrès et à promouvoir l’autonomisation et les droits des femmes dans les domaines politique, économique et social.

Depuis 2019, le Ministère de l’égalité des genres, de l’enfance et de la protection sociale a organisé la célébration de nombreux événements internationaux, tels que la Journée internationale des femmes, la Journée des femmes rurales, les 16 journées de mobilisation contre la violence de genre ou encore la Journée de tolérance zéro envers les mutilations génitales féminines et l’excision. Leur objectif est de faire réfléchir aux questions des droits et du bien-être des femmes, de sensibiliser le public et de susciter le dialogue.

Sous l’égide du Ministère, la Direction de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes conçoit actuellement la prochaine politique nationale pour l’égalité des genres (2023-2032), qui recevra des financements de la Banque africaine de développement. L’objectif est de veiller à ce que la paix et la prospérité règnent dans la société, à ce que les femmes, les hommes, les garçons et les filles y vivent en partenaires égaux, et à ce que l’égalité des genres et l’équité influent dans tous les secteurs du développement.

Kabilo Baama est un programme financé par le Fonds des Nations Unies pour la population et par le Gouvernement gambien, mené dans la région Lower River en partenariat avec le département de santé reproductive et de santé de l’enfant du Ministère de la santé. Il vise à améliorer la fréquence des soins administrés aux femmes et aux enfants en impliquant la communauté, ainsi qu’à augmenter les revenus des femmes et des familles par le biais de petits projets économiques. Durant la phase d’essai, 58 communautés des districts Kiang East et Kiang West étaient ciblés, et 174 femmes et hommes ont suivi des formations pratiques. Cela a contribué à réduire la mortalité maternelle et à pousser les hommes à s’impliquer auprès des femmes pendant la grossesse et à l’accouchement, et à donner leur sang. En outre, les progrès réalisés en matière d’anticipation, de consultations prénatales et d’accouchements médicalisés ont eu des effets positifs sur l’issue des grossesses et sur la limitation des complications. Par ailleurs, les femmes bénéficient de temps supplémentaire pour participer aux activités génératrices de revenus. Le projet est maintenant étendu à la région CRR North avec le soutien de l’Organisation ouest-africaine de la santé. Pour l’heure, 180 personnes y ont été formées, et des résultats similaires sont attendus dans les zones concernées au cours des deux prochaines années.

UNESCO

L’UNESCO a financé un projet axé sur les exciseuses traditionnelles. Soutenu par le Ministère de l’égalité des genres, de l’enfance et de la protection sociale, il vise à renforcer les capacités de 75 exciseuses traditionnelles en développant leurs compétences économiques et en soutenant la création d’entreprise, afin qu’elles trouvent de nouveaux modes de réalisation, d’affirmation de soi et d’autosubsistance. Des dispositifs ont été déployés afin de collecter et d’analyser des données et de rédiger des rapports sur 40 exciseuses traditionnelles. Un séminaire a rassemblé 25 parties prenantes afin qu’elles partagent leurs résultats et qu’elles déterminent et coordonnent les priorités du soutien stratégique à apporter à ces femmes. Un total de 75 exciseuses traditionnelles ont suivi des formations spécifiques axées sur la génération de revenus et le développement des entreprises, et 20 d’entre elles ont reçu un soutien matériel (en nature) comme capital de départ. La phase finale du projet consistait en un suivi de l’acquisition et de la distribution de cette aide matérielle.

Femmes rurales

Le Gouvernement gambien s’engage à fournir aux femmes rurales un accès aux ressources productives (terre, crédit, intrants et outils) et le contrôle de celles-ci, et à leur ouvrir des perspective de génération de revenus, notamment en améliorant leur accès à la justice, à la santé et à l’éducation ainsi que leur participation aux processus décisionnels. Son objectif est de résoudre les problèmes liés à l’accès limité des femmes et des filles aux modes de génération de revenus, au crédit, à la terre, etc.

Depuis 2015, en partenariat avec l’Union européenne, Action Aid – The Gambia soutient les dispositifs de microfinancement permettant aux femmes d’accéder au crédit et à d’autres services dans la région CRR South. Certains dispositifs ont déjà mobilisé des sommes importantes pour le compte des participants.

À ce jour, plus de 1 500 femmes ont été correctement informées sur les produits et services de microfinance, environ 420 groupes de femmes sont familiers des coopératives de crédit, et la plupart d’entre eux leur confient leur épargne. Au total, 78 terrains ont fait l’objet d’un enregistrement officiel pour le compte de 78 groupes de femmes, dans un but d’authentification des droits de propriété et parfois de satisfaction des conditions préalables à l’octroi d’aides. Trois jardins potagers bénéficiant à plus de 200 femmes ont été délimités et dotés de clôtures, d’une adduction d’eau, d’espaces ombragés, de toilettes et de plateformes multifonctionnelles. Au total, six femmes sont désormais membres des tribunaux de district du CRR South et ont suivi une formation en droit et en technique de direction qui les rendra efficaces et réactives dans leurs nouvelles fonctions. Deux chambres froides ont été construites à Brikamaba et Kundang « Mayo » (CRR South), respectivement pour la conservation de la volaille et du poisson.

En outre, trois communautés ont reçu intrants et outils de production de légumes, ce qui a permis à 50 femmes d’augmenter leur production et leur productivité. Une pépinière d’essences locales a été créée, avec 8 390 plants en attente de transplantation. En ce qui concerne l’emploi, 15 filles de CRR et cinq de NBR suivent une formation en montage et entretien d’installations solaires, en transformation alimentaire et en gestion d’entreprise à Fandema (MBOLO). Ces filles seront dispersées dans leurs communautés respectives pour aider les populations locales, promouvoir et commercialiser la production des femmes et créer de nouveaux marchés. La présence des femmes sur les foires commerciales fait l’objet d’un soutien depuis cinq ans.

Dans le cadre du renforcement des initiatives économiques des femmes et de leur résilience, 53 femmes ont reçu de petits ruminants, 35, des intrants et des outils agricoles, et 22 ont bénéficié d’une aide à la production avicole. L’association des aviculteurs de la CRR South dispose maintenant d’une chambre froide pour le stockage des poulets. Dix femmes ont reçu 15 000 dalasi chacune pour développer leur activité de teinture par nouage et de batik après avoir suivi une formation intensive à ces techniques. Dix autres femmes ont suivi une formation à la vulgarisation maraîchère afin de transmettre, à leur tour, leurs connaissances à d’autres cultivatrices. Quelque 45 femmes ont été formées à l’amélioration de la production maraîchère, et 60 à l’élevage des volailles et à la préparation de l’alimentation animale. Des programmes radiophoniques interactifs ont été diffusés sur les thèmes de l’autonomisation des femmes, de la justice, de l’éducation des filles, du droit des femmes aux ressources productives et de la participation des femmes aux décisions.

Au total, 4 340 femmes issues de 120 groupes répartis dans les trois districts de Niamina East, Niamina West et Dankunku ont suivi une formation. Cela leur permet d’être mieux informées et d’avoir une meilleure connaissance de leurs droits aux ressources économiques, de la manière de gérer leurs entreprises et de traiter avec les institutions de microfinance.

En collaboration avec FAWEGAM (Forum des éducatrices africaines – Chapitre de Gambie) et sur financement de l’UNICEF, le Ministère de l’enseignement primaire et secondaire soutient le développement des femmes et leur participation aux processus décisionnels en mettant sur pied des clubs de mères dans toutes les écoles ; en organisant des formations aux activités génératrices de revenus et en fournissant un capital d’amorce (6 000 dalasi de l’UNICEF, 5 000 dalasi du Ministère) administré par les bénéficiaires elles-mêmes. Grâce à l’unité chargée de la formation pour adultes et de l’éducation non formelle et à la collaboration des parties prenantes (en particulier des intervenants en alphabétisation), les adultes (à partir de 15 ans) qui n’ont pas eu la possibilité de suivre une scolarité formelle et les jeunes déscolarisés des deux sexes peuvent apprendre à lire, à écrire et à compter, et acquérir des compétences pratiques leur permettant de gagner leur vie. Ces formations sont menées dans les langues locales codifiées, selon la localisation géographique et le choix des apprenants.

Il existe actuellement plus de 200 centres d’alphabétisation pour adultes dans le pays, gérés par des prestataires tels que la National women farmers association, World Evangelisation Crusade, l’Association of Baptists for World Evangelisation et TOSTAN. Des méthodes d’apprentissage familiales et intergénérationnelles sont également testées dans les zones rurales. Il s’agit de placer les jeunes enfants (d’âge préscolaire et plus âgés) et leurs parents dans le même groupe d’alphabétisation pour qu’ils apprennent ensemble. Cela permet aux adultes et aux enfants de s’engager dans une démarche d’apprentissage au long cours et de prendre rapidement l’habitude de lire.

Les apprenants reçoivent un capital d’amorce censé les encourager à mettre en pratique leurs compétences en lecture, écriture et calcul dans des activités génératrices de revenus qui améliorent leur situation socioéconomique. Cela s’inscrit dans la réalisation de l’objectif de développement durable no 4.6 : veiller à ce que tous les jeunes et une proportion considérable d’adultes, hommes et femmes, sachent lire, écrire et compter.

Mariage et rapports familiaux

La section 27 de la Constitution déclare que les hommes et les femmes ayant l’âge et la capacité requis ont le droit de se marier et de fonder une famille, et que le mariage doit être basé sur le consentement libre et entier des parties concernées. Toutefois, cette section n’établit pas l’égalité de la femme et de l’homme dans le mariage et à sa dissolution ni aucun des droits protégés par la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et par le Protocole facultatif. Le texte devrait être néanmoins modifié en faveur de l’égalité matrimoniale. Cela offrirait un recours aux femmes dont les droits à l’égalité matrimoniale sont violés par le droit des personnes. Cette question fait l’objet d’autres dispositions constitutionnelles qui autorisent la discrimination dans les affaires maritales relevant du droit des personnes, avec la charia et avec le droit coutumier, qui sont largement discriminatoires en matière de relations familiales entre hommes et femmes.

L’égalité hommes-femmes est garantie par la section 28 de la Constitution, qui affirme le droit des femmes à l’égalité de traitement vis-à-vis des hommes et notamment à l’égalité des chances dans les domaines politique, économique et social. Cette section 28 affirme un droit fondamental, conformément aux principales dispositions de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes [en particulier l’article 2 a)] et du Protocole facultatif [article 2 1) a)].

Par ailleurs, en 2016, le Gouvernement gambien a modifié la loi sur l’enfance de 2005 dans le sens d’une pénalisation du mariage et des fiançailles d’enfants. Depuis l’entrée en vigueur du texte, les autorités et les organisations de la société civile se sont engagées dans une campagne nationale de sensibilisation du grand public et des agents responsables de l’application des lois. Dans les médias et sur le terrain, elles encouragent le signalement des mariages d’enfants, tout en reconnaissant la difficulté de la tâche, liée aux racines profondes de ces pratiques.

Le Ministère de la condition des femmes, de l’enfance et de la protection sociale se prononce fermement en faveur d’une harmonisation à 18 ans de l’âge minimum du mariage pour les femmes et les hommes et pour la suppression des exceptions. Il souhaite : mettre fin à la discrimination des femmes dans le droit national en inscrivant le droit des femmes à l’égalité dans les lois sur la nationalité et la citoyenneté ; s ’ attaquer à la discrimination inhérente aux lois relatives au viol en modifiant les dispositions qui lèvent toutes les accusations si le violeur épouse la victime ; abroger les lois discriminatoires sur le statut personnel (en matière de mariage, de divorce, de parentalité et d’héritage).

En raison du caractère pluriel du système juridique gambien, les affaires de mariage, de divorce et d’héritage sont généralement résolues selon la charia ou le droit coutumier pour les personnes qui y sont soumises. Cela concerne environ 90 % des affaires de ce type à travers le pays.

Cela signifie que plus de 90 % des femmes gambiennes (musulmanes ou soumises au droit coutumier) ne sont pas protégées contre la discrimination dans ce type d’affaires, à moins qu’elles ne déposent un recours auprès des tribunaux de common law. Toutefois, même dans ce cas, les dispositions discriminatoires de la charia et du droit coutumier sont généralement appliquées, ces sources de droit étant reconnues par la section 7 de la Constitution.

Droit à l’égale répartition des biens du mariage en cas de divorce

La section 43 4) de la loi sur la condition des femmes dispose qu’en cas de séparation, de divorce ou d’annulation du mariage, l’homme et la femme ont droit au partage équitable des biens communs acquis dans le mariage. Cela a pour but de protéger les femmes, qui sont habituellement exclues du foyer familial par leur mari pendant la procédure de divorce. Dans la pratique du droit coutumier, la maison familiale appartient au mari, et c’est à lui de décider si sa femme peut rester après la séparation, le divorce ou l’annulation du mariage. Cela a pour conséquence que, lors de la répartition des biens consécutive à un divorce prononcé selon le droit coutumier, la contribution (financière ou équivalente) de la femme aux biens du mariage n’est pas prise en compte. C’est pourquoi on recommande de modifier la section 43 4) afin de considérer :

•les principes juridiques de l’égalité et du mariage, appliqués à l’acquisition commune de biens entendue par les parties comme un accroissement du patrimoine marital réalisé au bénéfice du mariage, indépendamment de la date d’acquisition des biens ;

•le fait que la contribution de la femme devrait être quantifiée en fonction de la valeur totale du patrimoine et compte tenu de la valeur temporelle de l’argent ;

•le fait que, même lorsqu’une femme n’a pas contribué financièrement à l’accroissement et à l’amélioration du patrimoine, dans le cas où il serait clair que l’homme n’a pris aucun emploi rémunéré dont il ait fait profiter le ménage et que la femme est la seule à assurer les moyens de subsistance et la charge des autres membres de la famille, alors les travaux domestiques non rémunérés doivent être reconnus à leur juste valeur et intégrés dans le calcul de la part du patrimoine revenant à la femme.

Changements climatiques et réduction des risques de catastrophe

Afin que les questions de genre soient prises en compte dans les politiques nationales liées aux changements climatiques, les pas suivants ont été réalisés :

•les questions de genre ont été reconnues dans la politique nationale face aux changements climatiques et doivent être intégrées dans les stratégies connexes ;

•les discussions internationales menées en lien avec la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ont un volet consacré aux questions liées aux genres, qui font l’objet de débats et de décisions ;

•conformément à la Convention, un coordinateur pour les questions de genre a été nommé au Ministère de l’environnement, des changements climatiques et des ressources naturelles ;

•le Bureau de la condition des femmes a été intégré au groupe de travail thématique pour qu’il supervise la stratégie nationale à long terme sur les changements climatiques ;

•50 % des bénéficiaires du vaste projet d’adaptation écosystémique devraient être des femmes ;

•les questions de genre sont érigées en priorités dans le projet de gestion des zones côtières d’Afrique de l’Ouest ;

•la mise en œuvre du projet local du FENU est axée sur les femmes et les filles dans huit communautés ;

•le système d’alerte rapide aux changements climatiques inclut les femmes dans ses dispositifs pilotes d’accessibilité et de diffusion de l’information ;

•un représentant du Ministère de l’égalité des genres a été placé à la coordination de la politique nationale relative aux changements climatiques.

Les mesures prises pour assurer la participation réelle des femmes aux décisions relatives à l’adaptation aux changements climatiques, à la réduction des risques de catastrophe ainsi qu’à la gestion des terres et des ressources environnementales sont les suivantes :

•le Ministère de l’égalité des genres participe au comité sur les changements climatiques et au comité de pilotage chargé de chapeauter le groupe de travail thématique consacré à l’élaboration de la stratégie nationale à long terme sur les changements climatiques ;

•50 % des bénéficiaires du vaste projet d’adaptation écosystémique sont des femmes, ce qui renforce leur place dans les processus décisionnels ;

•le projet local du FENU est axé sur les compétences et la situation financière des femmes et des filles dans huit communautés ;

•des femmes et des groupes intéressés aux questions de genre participent à des séances de formation et de sensibilisation aux conséquences des changements climatiques ;

•le système d’alerte rapide aux changements climatiques inclut les femmes dans ses dispositifs pilotes d’accès et de diffusion de l’information afin qu’elles participent aux décisions.